Rafik Greiss. The City and the City
KW Institute for Contemporary Art
- 展期
- 2026年10月17日 – 2027年1月10日
- 价格
- 10 €

« Nous ne nous souvenons pas. Nous réécrivons la mémoire comme on réécrit l’histoire. Comment se souvenir de la soif ? » Chris Marker ouvre le seuil. Rafik Greiss, né en 1997, Égyptien basé entre Paris et Le Caire, signe ici sa première exposition institutionnelle. Au centre, un film commandé : figures dans de vastes déserts, attente d’un événement qui peut-être n’aura pas lieu. La vigilance devient un métier. Le temps s’étire. La bande-son de 7038634357 déborde de l’écran vers les salles.
Des photographies en noir et blanc montrent artefacts, objets, lieux vidés, détachés de leur origine. Pas de légende géographique. L’artiste préfère l’expérience à l’interprétation, le fragment à la leçon. Il a déjà montré à Gwangju, Istanbul, à la Kunsthalle Zürich, au Swiss Institute. Ses pièces figurent chez Whitney, Pinault, Louis Vuitton.
On circule entre l’attente filmée et des images qui semblent des après-coups. Analogique et numérique se croisent. Rien n’explique tout. C’est le point. Les commissaires Emma Enderby et Liberty Adrien laissent un flou utile : mémoire personnelle et histoire collective y restent collées l’une à l’autre, comme deux villes superposées dont on n’aurait pas le mode d’emploi. On sort avec une sensation plus qu’un récit, une soif dont on ne sait plus si elle est la nôtre.