Beatriz González a passé plus de six décennies à détourner l'imagerie populaire colombienne pour dénoncer les silences et les violences de son pays. Sous des couleurs acidulées et un style volontairement décalé, cette figure majeure de l'art latino-américain métamorphose des coupures de presse banales en témoignages politiques poignants. Le Barbican rassemble 150 œuvres emblématiques, allant de toiles vibrantes à des supports du quotidien détournés, comme des meubles peints ou des tapisseries. En s'appropriant les codes de la publicité, González bouscule nos perceptions et ravive la mémoire collective avec une ironie mordante. Cette rétrospective majeure, présentée du 25 février au 10 mai 2026, met en lumière une artiste dont l'audace a marqué des générations de créateurs contemporains. C'est une occasion rare de saisir la force d'une œuvre où l'esthétique du banal rencontre la profondeur de l'histoire.